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Transparence et sécurité dans les communications électroniques : l’ARPCE mobilise les opérateurs de téléphonie mobile


L’Agence de Régulation des Postes et des Communications Electroniques (ARPCE) et les opérateurs de téléphonie mobile que sont Airtel et MTN Congo, ont tenu le mercredi 27 mars 2025, au siège de l’Autorité de Régulation, une réunion de travail sur trois points, à savoir: la portabilité des numéros ; la mise en œuvre du préfixe « zéro » ; et l’identification des abonnés. Cet échange a été présidé par le Directeur des Réseaux et Services de Communications Electroniques, M. Benjamin MOUANDZA qui était accompagné du Directeur des Affaires Juridiques et Internationales, M. Celestin ENDOKE, et du Directeur de l’Economie et des Marchés, M. Serge MADZELA.

Il s’est agi, au cours de cette rencontre, de faire le point sur l’état d’avancement des projets de la portabilité des numéros et de la mise en œuvre du préfixe « zéro » jugés « structurants » pour, d’un côté, développer le marché des communications électroniques au Congo, et de l’autre, se conformer aux exigences de l’Union internationale des télécommunications (IUT).

Pour ce qui est de la portabilité, qui est attendue depuis quelques temps déjà par les consommateurs, les experts des deux opérateurs ont indiqué que de part et d’autre les travaux sont déjà très avancé. A cet effet, Airtel Congo a partagé les résultats de ses travaux de benchmarking dans plusieurs pays, mettant en lumière les enjeux économiques de la mise en œuvre. L’opérateur MTN Congo a indiqué quant à lui prévoir une présentation technique de sa solution dès le 3 avril, avec une implémentation opérationnelle au quatrième trimestre de l’année 2025.

Il faut souligner que la portabilité des numéros mobiles est une fonctionnalité qui permet aux abonnés de changer d'opérateur tout en conservant leur numéro de téléphone. Elle favorise la concurrence entre les opérateurs et offre aux consommateurs une plus grande flexibilité.

« La portabilité est un levier de compétitivité et de transparence. Elle place enfin le pouvoir entre les mains du consommateur, et non du réseau », a rappelé M. MOUANDZA aux opérateurs avant de souligner l’importance de cette évolution, « qui répond à une recommandation de l’Union internationale des télécommunications (UIT) et vise à garantir plus de liberté et de résilience aux abonnés ».

Sur le préfixe zéro, les opérateurs ont reconnu qu’il y a encore des « ajustements » à faire. Bien que des tests aient été réalisés avec succès sur les communications vocales, des difficultés persistent sur les SMS, notamment du côté de MTN. Airtel, pour sa part, prévoit de finaliser le projet d’ici juin 2025. L’ARPCE, qui a jugé peu idéale les calendriers des opérateurs, a insisté sur la nécessité d’une mise en œuvre coordonnée afin d’éviter des lancements unilatéraux qui pourraient désorienter les usagers.

Pour ce qui concerne l’Identification des abonnés, M. MOUANDZA a indiqué en substance que la vigilance reste de mise. En effet, malgré les mises en demeure précédentes servies aux deux opérateurs, les derniers contrôles ont révélé que des cartes SIM sont toujours distribuées sans identification préalable, notamment dans certains quartiers de Pointe-Noire et Dolisie. Cette pratique qui va à l’encontre des exigences contenues dans les cahiers de charge des opérateurs impacte aussi la sécurité nationale.

L’ARPCE qui entend passer à la vitesse supérieure a fait savoir aux opérateurs qu’une enquête renforcée sera menée dans les tous prochains jours et que les systèmes utilisant l’intelligence artificielle mis en place par les opérateurs seront scrutés de près. Si MTN semble faire preuve de rigueur, Airtel a été appelée à renforcer son dispositif d’identification des abonnés. « Identifier un abonné, ce n’est pas une option. C’est la condition première de toute sécurité dans un marché télécoms. L’opérateur qui ferme les yeux sur ce point, ouvre la porte à la fraude et au chaos », a fermement rappelé M. MOUANDZA.

L’Autorité de Régulation a indiqué aux opérateurs qu’ils encourent des sanctions plus sévères que de simples mises en demeure si le prochain audit des réseaux ne montre pas d’améliorations sur la question de l’identification des abonnés.

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