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Mercredi, 18 Octobre 2017 15:08

Téléphonie mobile : Un réseau frauduleux démantelé à Pointe-Noire par l’ARPCE et les services de Police Nationale

Grace à la dextérité des équipes techniques de l'Agence de Régulation des Postes et des Communications Electroniques (ARPCE) et la promptitude des services de police de la ville de Pointe-Noire, un réseau frauduleux de trafic téléphonique a été démantelé le vendredi 13 octobre dernier, dans la capitale économique. Il s'agit d'une première. Le cerveau de l'affaire, un homme d'environ 35 ans, de nationalité congolaise qui opérait depuis quelques temps, dans une cabane en bois, dans le 5ème arrondissement, Mongo-Poukou.

Une SIM Box d'une capacité de 80 SIM, 16 cartes SIM Airtel pré-activées, des cartes de recharge d'une valeur de près de 50.000 francs et un générateur électrique, tel est le lot de matériel trouvé en possession des fraudeurs qui sont au nombre de deux. Selon les services de police il existerait d'autres complicités, « mais seul l'aboutissement de l'enquête pourra en dire davantage ».

« Nous avons mis un certain temps pour pouvoir mettre la main sur ces fraudeurs, très expérimentés. Grâce aussi au concours des opérateurs que je tiens à saluer ici, nous avons pu détecter leur localisation pour pouvoir les faire arrêter par la police », fait savoir M. Sandé Ndé, Directeur des Réseaux et des Services de Communications Electroniques. Et de rassurer : « Grace à nos appareils, nous faisons une veille minute par minute. Ces appareils pour lequel le Régulateur a investi des moyens colossaux nous permettent de détecter, au mètre près, la localisation d'un réseau frauduleux ». Suivre et contrôler le trafic téléphonique est l'une des missions principales de l'ARPCE, en sa qualité de Régulateur. Rappelons que ce démantèlement intervient juste quelques semaines après celui d'un autre réseau frauduleux à Brazzaville.

En effet, ces opérations de démantèlement rentrent dans le cadre du travail ordinaire de l'ARPCE, qui a pour entre autres missions : protéger et garantir à la fois les intérêts de l'Etat, des usagers mais aussi des opérateurs. « Dans le cas d'espèce, les victimes sont les opérateurs ; ce genre de fraudes leur imposent des manques à gagner qui se chiffrent en millions de francs CFA », explique M. Sandé Ndé. Il faut rappeler qu'une minute d'appel international revient à 170 francs. Et il arrive que ces fraudeurs totalisent jusqu'à des milliers de minutes d'appel.

Signalons que lorsqu'un appel international tombe sur un réseau local, le carrier (le transporteur d'appel) paye un droit à l'opérateur local, qui termine cet appel. Les fraudeurs, à l'aide des appareils appropriés, notamment des Sim Box, interceptent ces appels et les font suivre via des numéros locaux. L'opérateur auquel est abonné le destinataire dudit appel le traite comme un appel local. Cela fait que le dû à verser à l'opérateur par le transporteur d'appel est capté par les fraudeurs.

Aussi, il fait souligner que le manque d'identification préalable de l'abonné pendant la commercialisation de la carte SIM contribue énormément à la fraude téléphonique. « Nous avons récupéré 16 cartes SIM activées mais non identifiées, auprès de ces fraudeurs. Ils ont été assez intelligents car ils ont acheté l'ensemble de ces cartes SIM chez des vendeurs ambulants. Autrement, ils auraient été appréhendés depuis longtemps », explique M. Augustin Ngoma, chef de l'Antenne départementale de l'ARPCE à Pointe-Noire.

Le chef de l'ARPCE à Pointe-Noire a rappelé la décision prise par le Régulateur en ce qui concerne la vente des cartes SIM par des ambulants. « Dès le début de l'année prochaine, aucune carte SIM ne sera vendue par des ambulants. Il faudrait que ça soit par des points de ventes fixes connus par les opérateurs. Nous continuons à veiller sur cette question de l'identification, qui est très importante pour beaucoup de raisons entre autres la sécurité des abonnés et la lutte contre la fraude téléphonique », a-t-il dit.